L’alcoolisme est-il une fatalité? | Philippe de Timary

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«Seulement 5 à 20% des personnes présentant un problème lié à la consommation de boissons alcoolisées ont accès à une aide, qu’elle soit médicale ou non-médicale.»

Le vécu individuel et les interactions sociales au cœur des préoccupations

Une partie du refus de la personne alcoolique de voir la réalité en face, voire de l’anosognosie, pourrait tenir au fait qu’elle n’accepte pas d’avoir perdu ses capacités de contrôle. Ce déni est renforcé de toute évidence par le regard négatif porté par l’entourage, les soignants ou la société sur la problématique alcoolique. Il est souvent couplé à une gestion difficile de ses propres émotions ainsi qu’à une difficulté accrue à percevoir les émotions chez les autres, qui peuvent renforcer la spirale délétère du patient alcoolique et le ressentiment de ses proches à son égard.

Il importe dès lors de ménager l’amour-propre de la personne alcoolique tout en lui tenant un langage clair sur la nature de son affection, mais aussi de prendre soin des liens sociaux du patient avec son entourage, la pathologie alcoolique altérant bien souvent les mécanismes physiques et psychiques qui permettent aux individus d’interagir entre eux de manière adéquate.

La gestion des émotions fait actuellement l’objet de nombreuses études en psychologie et neurosciences. Dans le domaine de l’alcoologie, il est bien établi que la consommation d’alcool est fréquemment utilisée comme réponse aux situations émotionnelles difficiles, souvent enfouies. In fine, ce qui ne se vit pas complètement et ce qui ne se dit pas, se boit, ou, pour certains, se transforme en agressivité.

Le but est d’alors évoluer vers un dire – ou penser – pour ne pas devoir boire. L’impulsivité et la difficulté à gérer les émotions doivent dès lors être considérées à la fois comme les causes et les conséquences de la problématique alcoolique, et donc faire l’objet d’une attention toute particulière dans l’accompagnement du patient.

Philippe de Timary, L’alcoolisme est-il une fatalité? – Comprendre et inverser une spirale infernale, Collection Santé en soi, Éd. Mardaga, 2016, 176 pages, 18 euros (version numérique 12,99 euros).

Via : L’alcoolisme est-il une fatalité? | Education Santé

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