RdR, VHC, VIH : les acronymes sont actuels, les plans sont à appliquer.

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Édito février 2014 | Bravo, tout d’abord. Bravo à de très nombreux acteurs, en tout premier lieu à Modus Vivendi assisté par la FEDITO BXL et la CLDB, pour la rédaction et la finalisation du Plan bruxellois de Réduction des Risques (RdR).

Le Plan bruxellois de Réduction des Risques propose une priorisation d’actions, basée sur un diagnostic qualitatif et quantitatif et surtout sur une large consultation d’usagers et d’acteurs du secteur. Commandité par M. Cerexhe, soutenu par Mme Frémault, les Ministres de la Santé de la Commission Communautaire Française auront accompagné ce projet, sans défaut.
Gageons que son application bénéficiera du même support.

La réduction des risques liés à l’usage de drogues est effectivement encore pleinement actuelle. Parce que forcément, le VIH n’a pas disparu. Parce que forcément, le virus de l’hépatite C (VHC) fait encore son œuvre, en silence.

L’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies estime à 1 million les injecteurs de drogues atteints de l’hépatite C. Diverses études d’échantillons suggèrent que sa prévalence au sein des injecteurs serait supérieure à 40%, avec des extrêmes à 90%.

Cela fait longtemps que le secteur toxicomanie prévient de la bombe que constitue l’hépatite C. 30% des personnes infectées non traitées développeront une cirrhose du foie dans les 30 ans, à l’important détriment non seulement des patients, mais aussi du budget de la santé. Pourtant, les injecteurs de drogues sont encore très souvent exclus des traitements…

De nouvelles molécules annoncées pour 2016 font naître l’espoir de traitements simplifiés, plus courts et plus efficaces. Fort bien, mais les prix s’annoncent élevés et les injecteurs de drogues ne pourront en bénéficier que de manière très limitée. Autrement dit, le phénomène sera le même que lors de l’introduction des antirétroviraux pour le VIH : des traitements au coût prohibitif, inaccessibles à la plus grande part et ce d’autant plus pour une population proche de la grande précarité. Pour elle, un accompagnement psycho-social et de proximité restera la condition sine qua non d’une plus grande compliance. Le Plan VHC, attendu dans les prochaines semaines, devrait insister sur ce fait.

Le Plan VHC complétera donc le Plan VIH et le Plan bruxellois de Réduction des Risques, soulignant tous deux l’importance du développement de lieux d’injection à moindres risques, et celle de l’amélioration de l’accès au matériel stérile d’injection. C’est un minimum, à l’heure où le Stérifix, cette pochette de matériel stérile accessible hors des comptoirs d’échanges de seringues, n’est plus pleinement financé !

La Réduction des Risques existe depuis près de trente ans. Elle est peut-être en âge d’évoluer et de s’élargir. Mais sa philosophie, ses missions et ses stratégies restent d’actualité. Sa précarité aussi.

Le Plan bruxellois de Réduction des Risques est donc à appliquer, rapidement.
Tout comme le Plan VIH. Et tout comme un Plan VHC que nous espérons ambitieux.

Sébastien ALEXANDRE

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