L’application des lois sur les drogues – viser les responsables du crime organisé – Rapport 2020 de la Commission globale de politique en matière de drogues

La Commission globale de politique en matière de drogues vient de publier son rapport 2020 sous le titre « L’application des lois sur les drogues – viser les responsables du crime organisé ».


Le présent rapport livre son analyse du trafic de drogues et de ses liens avec la criminalité organisée, à partir des connaissances actuelles et avec le renfort de spécialistes. La Commission met en évidence l’incapacité des politiques actuelles à aborder les problèmes de fond qui alimentent la criminalité organisée comme la violence et affectent différentes populations. Elle évoque les meilleures pratiques que l’on voit apparaître au sein des forces de l’ordre, fondées sur les connaissances et les enseignements des échecs du passé. Elle se demande ce que deviendront les activités criminelles dans un marché des drogues régulé, à partir des quelques données dont on dispose aujourd’hui. Enfin, elle aborde les carences que comporte l’organisation internationale du contrôle des drogues et de la prévention du crime, un système compartimenté, qui offre des opportunités de croissance aux organisations criminelles transnationales.

Les États doivent prendre acte des effets négatifs de la répression des drogues et reconnaître que la prohibition suscite les organisations criminelles et les renforce. Ces conclusions doivent être communiquées au public et alimenter le débat national pour entraîner l’adhésion à une réforme audacieuse de la politique en matière de drogues.

Ce dixième rapport de la Commission globale souligne donc la nécessité d’une riposte coordonnée à la dynamique de la criminalité organisée transnationale liée au marché des drogues. Il ne propose pas de solutions définitives, mais entend alimenter la réflexion et invite à faire le constat des nombreuses connexions existant entre le trafic de drogues et d’autres activités criminelles à l’heure où se mondialisent l’offre et de la demande illicites. Dans ces pages, elle engage fermement les pays d’ouvrir un débat fondé sur les connaissances quant aux façons les plus efficaces de réduire la puissance des organisations criminelles transnationales, une puissance qui ne cessera de croître tant que les stratégies des forces de l’ordre demeureront fondées sur la pénalisation d’acteurs de bas niveau tels que les consommateurs.

Les États doivent envisager la régulation légale des drogues comme la voie responsable pour saper le crime organisé.

Tel est le monde dans lequel nous vivons : un monde où un marché à demande constante est laissé aux mains d’intérêts criminels. La Commission se sent le devoir de continuer à communiquer les données existantes et à émettre des propositions de réforme cohérentes. La coopération internationale doit aborder de façon plus globale le combat commun contre la corruption, le blanchiment d’argent et les organisations criminelles transnationales, qui, au-delà du marché des drogues, sont présentes dans bien d’autres activités illégales. Les pays ont besoin que leurs dirigeants trouvent de meilleurs modes de contrôle des drogues, de nouvelles façons de réduire le volume et la violence du marché des drogues illicites, de desserrer l’étreinte des organisations criminelles sur les populations vulnérables et discriminées, et de préserver la santé, la dignité, les droits fondamentaux et le bien-être de tous les citoyens, y compris ceux qui font le choix de consommer des drogues.

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