Les Européens continuent de consommer plus d’alcool que partout ailleurs dans le monde

Copenhague (Danemark), 4 septembre 2019 | Selon un rapport publié récemment par l’OMS, les taux de consommation nocive d’alcool de la Région européenne n’ont pas baissé comme prévu, même si tous les États membres ont signé le Plan d’action européen visant à réduire l’usage nocif de l’alcool 2012-2020.

Sur la base de données collectées entre 2010 et 2016, le rapport de situation sur la consommation d’alcool, les méfaits et l’action politique dans 30 pays européens 2019 (« Status report on alcohol consumption, harm and policy responses in 30 European countries 2019 ») révèle que plus de 290 000 personnes décèdent chaque année en Europe de causes imputables à l’alcool, et demande instamment aux pays de prendre des mesures politiques plus fermes afin de réduire cette mortalité.

Stagnation de la réduction de la consommation d’alcool

En moyenne, les adultes (âgés de 15 ans et plus) des pays membres de l’Union européenne, plus la Norvège et la Suisse (UE+), boivent l’équivalent de plus de 2 bouteilles de vin par semaine. Or, si l’on omet les abstinents invétérés et les anciens buveurs de l’échantillon de données, il apparaît que les adultes boivent plus de 3 bouteilles de vin par semaine, un niveau de consommation entraînant de graves conséquences sanitaires.

L’alcoolisme ponctuel immodéré constitue également un problème. En effet, 30,4 % des personnes déclarent avoir consommé plus de 60 g d’alcool pur en une seule occasion au cours des 30 derniers jours, soit l’équivalent de plus de 5 verres en une seule fois. Ce mode de consommation nocif est beaucoup plus problématique chez les hommes (47,4 %) que chez les femmes (14,4 %), et est le plus répandu dans les États baltes, au Luxembourg et en Tchéquie.

« Si la consommation d’alcool a diminué dans de nombreux pays européens, les progrès sont au point mort. Les responsables politiques doivent mettre en œuvre les stratégies qui ont prouvé leur efficacité, comme l’augmentation des prix, la limitation de la disponibilité de l’alcool et l’interdiction de la publicité. Dans certaines régions d’Europe, jusqu’à 800 personnes meurent chaque jour en raison des méfaits de l’alcool. Nous devons donc faire davantage pour poursuivre notre lutte », a déclaré le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.

Les décès imputables à l’alcool touchent les jeunes de façon disproportionnée

L’alcool est une substance psychoactive et peut diminuer la santé physique et mentale des individus. Dans l’UE+, 76,4 % de tous les décès imputables à l’alcool sont dus à des maladies non transmissibles telles que le cancer, la cirrhose du foie et les maladies cardiovasculaires, et 18,3 % sont causés par des traumatismes imputables à l’alcool, comme ceux provoqués par les accidents de la route, les suicides et les homicides. Ces décès sont évitables et représentent une lourde charge sanitaire pour les pays.

Malgré la diminution globale de la mortalité, le rapport révèle de façon consternante que l’alcool est toujours responsable de 5,5 % de la totalité des décès dans l’UE+. En chiffres absolus, 291 100 personnes sont décédées en 2016 des suites de maladies imputables à l’alcool, et 7,6 millions d’années de vie ont été perdues en raison d’une mortalité prématurée ou d’une invalidité.

Le taux de mortalité imputable à l’alcool chez les adolescents et les jeunes adultes demeure inacceptablement élevé en Europe. Selon le rapport, la majorité de ces décès sont évitables, et notre société doit comprendre que l’alcool est l’une des principales causes de la perte d’années de vie active ainsi que de la perte de productivité et de développement économiques.

L’impact de la consommation d’alcool varie en fonction de facteurs de risque tels que le tabagisme, l’alimentation et la pauvreté, ainsi que des systèmes de soins de santé. Il importe particulièrement de réduire les inégalités afin de réduire les coûts sociaux attribuables à la consommation d’alcool. Les jeunes adultes européens sont touchés de manière disproportionnée par les résultats sanitaires négatifs ainsi engendrés. Le rapport montre qu’un décès sur 4 chez les jeunes adultes est imputable à l’alcool, notamment en raison des traumatismes qu’il provoque.

« L’alcool est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes, et nous ne pouvons nous permettre de relâcher notre vigilance à cet égard. Ce produit est régulièrement commercialisé auprès des jeunes et mis à la disposition de ces derniers et ce, malgré les données probantes prouvant que la consommation d’alcool a un effet néfaste sur le développement du cerveau et la santé physique. Il s’agit là de la prochaine génération de leaders et de dirigeants, et nous devons les protéger. Le plan arrive à échéance dans 1 an déjà, il faut donc redoubler d’efforts à cet égard », a déclaré le docteur Carina Ferreira-Borges, cheffe du programme Alcool et drogues illicites au Bureau régional de l’OMS pour l’Europe.

Les politiques les plus efficaces n’ont pas été mises en œuvre

Le rapport invite les États membres à améliorer davantage leur intervention politique afin de soutenir et d’accélérer les progrès sur la base des domaines d’action définis dans le Plan d’action européen visant à réduire l’usage nocif de l’alcool 2012-2020.

Le faible niveau de mise en œuvre des politiques de marketing et de tarification est particulièrement préoccupant. Il a été en effet prouvé que ces mesures politiques figurent parmi les plus performantes à cet égard. En revanche, les pays se sont montrés particulièrement efficaces dans la mise en œuvre de politiques relatives à la sensibilisation, à la conduite en état d’ivresse et à la surveillance. Ce sont non seulement les politiques les plus faciles à adopter, mais elles sont aussi considérées comme suscitant le moins de résistance.


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