Vape et désinformation

La presse fait ces jours-ci le buzz en relayant les résultats préliminaires d’une étude « scientifique » dont la méthodologie est remise en question. Tandis que le tabac est la première cause de mort évitable dans notre pays, une fois de plus, la désinformation prime, au risque de nuire à la santé publique et de semer le doute chez les vapoteurs et les fumeurs. Pourtant, à choisir, vapoter est significativement moins délétère que de fumer du tabac. Pour les fumeurs qui ne souhaitent pas arrêter ou qui n’y arrivent pas par les moyens classiques, la cigarette électronique est un outil efficace de réduction des risques.

L’étude en question, publiée dans le PNAS : E-cigarette smoke damages DNA and reduces repair activity in mouse lung, heart, and bladder as well as in human lung and bladder cells

Quelques articles critiques :
Telle que formulée dans son résumé, cette annonce alarmante est-elle une fake news? « Globalement, nous sommes inondés de fausses nouvelles de ce genre. Les journaux scientifiques veulent aussi faire du buzz. Ils jouent au « Sun » anglais en rédigeant des communiqués de presse qui contredisent parfois les études elles-mêmes. C’est un moyen d’avoir toutes les couvertures et d’augmenter leurs revenus », constate amèrement le Pr Dautzenberg, avant de conclure: « Le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac. Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l’encontre de la santé publique. Le travail des chercheurs, c’est de sauver des vies, pas de tuer des gens. » 
  • Faire vapoter une souris 1600 fois plus légère qu’un être humain avec une dose seulement 16 fois
    inférieure à ce qu’un vapoteur peut consommer, c’est comme faire boire 200 litres d’eau à un
    individu en une journée…
  • Les conditions retenues pour cette étude reviennent à faire vapoter à des souris 3 heures par jour
    20 000 bouffées chargées en nicotine, là où l’humain inhale dans une utilisation moyenne entre
    200 et 300 bouffées par jour réparties sur 15 h. Même à concentration en nicotine 8 fois inférieure,
    la possibilité d’une transposition des conclusions de cette étude à l’humain n’est pas faible : elle
    est juste aberrante.
  • Le matériel utilisé pour l’expérience ressemble à du matériel standard, quoique dépassé. Mais il
    n’est surtout pas prévu pour une utilisation aussi intensive que celle de cette étude. Cela implique
    le risque d’induire aux résultats des produits de dégradation du matériel, tout comme ce fut le cas
    pour l’étude japonaise de 2014 qui fut, à juste titre, l’objet de nombreuses contestations.
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