We’re all drug policy makers : retour de Public Policy Exchange

We’re all drug policy makers. C’était une des conclusions de la journée d’étude du 7 novembre 2017 organisée par Public Policy Exchange et présidée par la Fedito Bxl – Drugs & Addictions in Brussels. Il s’agissait de se pencher de manière extensive sur le nouveau Plan d’Actions Drogues Européen 2017-2020, avec un panel constitué d’experts internationaux issus d’ONG, d’administrations et de divers centres de recherche. Pour rappel, ce Plan d’Actions a été proposé par la Commission Européenne, alimenté par le EU Civil Society Forum on Drugs (dont la Fedito Bxl est membre) et avalisé par les Etats Membres en juin dernier.

Cette nouvelle version du Plan d’Actions Drogues aura été décortiqué sous divers points de vue: RAND Europe aura pu amener son point de vue lié à l’évaluation du Plan d’Actions 2013-2016; ECAD aura mis en lumière l’expérience de prévention menée en Islande, aux résultats apparemment impressionnants; le Trimbos Instituut se sera penché sur le marché en ligne, et Modus Vivendi aura présenté ses actions en milieu festif; quant à l’Institut de Santé Publique, il aura notamment rappelé que la première problématique vécue par les usagers de drogues en demande de traitement est désormais liée au cannabis, et non plus à l’héroïne.

Toutes ces thématiques se retrouvent dans le Plan Drogues Européen, même si parfois de manière légère. La société civile européenne est néanmoins d’avis que, de manière générale, ce Plan d’Actions est intéressant, puisqu’il peut amener les Etats Membres à avancer vers des politiques drogues davantage en phase avec les besoins. En Belgique, il aidera à argumenter notamment en faveur de davantage de participation de la société civile, de l’élargissement de la naloxone à domicile, de réflexions sur la politique cannabis ou encore sur les salles de consommation à moindre risque.

Enfin, l’outil même du Plan d’Actions Européen, appliquant les Plans Stratégiques et la Politique Européenne Drogues, a été une source d’inspiration pour le Plan Drogues bruxellois 2016-2019. Dans un Etat fédéral belge ne disposant que d’une politique drogues plutôt vague, et dont l’application dépend largement des entités fédérées, le secteur bruxellois a jugé nécessaire de développer son plan, dépliant 100 actions dans une stratégie « bottom up » et mettant les différents acteurs (y compris lui-même) devant leurs responsabilités.

« We’re all drug policy makers ». A Bruxelles, en Belgique et en Europe, l’application de politiques drogues centrées sur la santé publique, dépend de l’alliance stratégique entre politiques et administrations, société civile, et centres de recherches. Il ne faut pas être naïfs: à certains moments, à l’instar de la campagne STOP 1921, il s’avère nécessaire de donner de la voix. Mais lorsque le politique entend la nécessaire évolution de la politique drogues; lorsque le terrain entend la nécessaire évolution de l’offre de soins par rapport aux nouveaux besoins; lorsque la recherche entend la nécessaire amélioration des données liées aux overdoses; lorsque ces trois acteurs forment une alliance, comme cela a été le cas aux Pays-bas ou au Portugal, il est possible de faire émerger des politiques drogues en phase avec les besoins de dizaines de milliers de Belges et de millions d’Européens. We’re all drug policy makers.

Sébastien ALEXANDRE, directeur
Fedito Bxl – Drugs & Addictions in Brussels

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