Pour une politique des drogues pragmatique (Dedans-Dehors)

Sociologue et politiste, Marie Jauffret-Roustide s’intéresse depuis plusieurs années aux phénomènes d’addiction et à l’enjeu de la réduction des risques en prison. Responsable de plusieurs enquêtes sur la santé des usagers et les comportements de consommations, elle appelle à « mettre à distance le jugement moral et repenser la politique des drogues ».

L’idéal de la « guerre à la drogue » était l’éradication des drogues dans la société, avec un objectif médical d’imposition du sevrage, de l’abstinence. Les pays qui ont pris le parti de la prohibition considéraient que la peur de l’interdit aller amener les personnes à ne plus consommer. Pourtant, on constate aujourd’hui que la consommation n’est pas moins importante là où les politiques sont plus libérales vis-à-vis de l’usage.(…)

En outre, la prohibition absorbe les moyens des forces de l’ordre, sature les tribunaux et les prisons, favorise les inégalités sociales et raciales face au droit. Non seulement elle n’a pas permis de faire disparaître les drogues et d’en limiter la consommation, mais elle a enrichi les narcotrafiquants. La répression coûte par ailleurs extrêmement cher ; certains pays font donc le choix de la limiter pour réinvestir dans la prévention ou la prise en charge médicale.

Malheureusement, les débats sur les drogues sont encore souvent dominés par le registre de l’émotion et des oppositions caricaturales. La frontière entre ce qui est perçu comme bien et mal a un impact sur la représentation que l’on a des usagers et contribue à les stigmatiser.(…)

Lire la suite : Pour une politique des drogues pragmatique (Dedans-Dehors – blog de l’Observatoire international des prisons – section française )

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