Quand l’anti-douleur devient une drogue dure (Le Soir Plus)

Le service d’évaluation et de contrôle médicaux de l’Inami met le doigt sur la hausse de la consommation d’analgésique à base d’opiacés de synthèse. (…) Ils sont utilisés comme analgésique dans le cadre de douleurs chroniques aiguës. Des traitements à ne pas mettre entre toutes les mains donc. Sauf qu’en Belgique, un citoyen sur dix en a consommé en 2016.

(…) l’immense majorité de patients se « contente » d’une consommation inférieure à 365 DDD par an. Par contre, l’Inami identifie deux profils de gros consommateurs : ceux qui ont besoin d’une à deux doses quotidiennes chaque jour de l’année (ils sont un peu plus de 30.000), et ceux qui dépassent ces deux doses quotidiennes (un peu plus de 7.000).

Que sous-tendent ces données ? D’abord, que les grands consommateurs chroniques prennent des risques pour leur santé. (…)

Ensuite, que pour d’autres grands consommateurs l’usage d’opioïdes n’est rien d’autre que de la toxicomanie. Elle est associée à du « shopping médical » : un peu plus de 300 patients consultent une dizaine – et parfois plusieurs dizaines – de médecins et autant de pharmaciens, pour se faire prescrire les doses d’opioïdes liées à leur dépendance. (…)

Source : Quand l’anti-douleur devient une drogue dure (Le Soir Plus) (accès réservé aux abonnés)

Notre commentaire : l’article parle de « dérives vers la toxicomanie » et semble faire porter la responsabilité uniquement dans le chef des usagers. Étonnamment, la responsabilité des médecins prescripteurs et des entreprises pharmaceutiques n’est pas évoquée alors que cette dernière est en partie responsable de cette augmentation sensible. Nous attirions également l’attention des autorités publiques sur les risques liés aux mésusages d’opioïdes et de leurs conséquences sur la santé publique, dans une tribune internationale, restée sans réponse, en juin dernier dans La Libre, Le Monde et Le Temps.
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