Ne regardons pas les hommes tomber (Libération)

Le président de l’association Aides appelle les autorités sanitaires à se mobiliser et les gays à briser le tabou pour combattre les dangers du «chemsex».

La commercialisation à bas coût et sur Internet des nouvelles drogues de synthèse a ouvert pour les gays une ère de consommation, souvent dans le cadre de marathons sexuels, aussi appelés «chemsex» (pour chemical sex). Les situations de décrochage social et d’overdoses liés à cet usage de drogues se sont accrues ces dernières années, illustrées par les annonces fréquentes de perte de travail ou de décès aussi soudains que prématurés. Il s’agit bel et bien d’une crise sanitaire.

(…) L’importance de l’usage de produits psychoactifs en France illustre l’échec de la politique répressive mise en place depuis les années 70. La crise sanitaire liée à l’usage de drogues chez les gays doit s’apprécier à l’aune d’un regard critique sur la prohibition et la criminalisation des usagers. Les programmes de réduction des risques (RDR) ont enrayé l’épidémie de VIH chez les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse depuis la fin des années 90. Ils montrent leurs limites dans le cadre de ces nouveaux usages. Face au chemsex, on ne peut pas se contenter de distribuer des seringues. Les possibilités de prise en charge sont cruellement insuffisantes. Les addictologues, comme les acteurs de la RDR, sont trop peu nombreux et relativement désarmés face à ce qui est avant tout une consommation inscrite dans des pratiques sexuelles.

Source : Ne regardons pas les hommes tomber (Libération)

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