Le PS veut dépénaliser la consommation du cannabis (La Libre)

Laurette Onkelinx annonce le dépôt d’une proposition de loi en ce sens. Il s’agit d’un combat porté par les socialistes depuis… 2000.

Feu Patrick Moriau (PS) en était un ardent défenseur. Les socialistes vont déposer une nouvelle proposition de loi en faveur de la dépénalisation du cannabis, a annoncé jeudi Laurette Onkelinx, cheffe de groupe à la Chambre. « Sociologiquement, on constate qu’il n’y a pas d’autres solutions », a-t-elle déclaré jeudi à l’occasion d’une rencontre avec la presse. « Le système actuel ne fonctionne pas » parce que, dit-elle, « les gagnants sont les réseaux de trafiquants ».

Depuis 2003, la consommation de cannabis, sans être autorisée, n’est plus sanctionnée si des conditions très strictes sont respectées (être majeur, ne pas posséder plus de trois grammes ou une plante cultivée pour une consommation personnelle, etc.). Le PS veut donc aller plus loin et dépénaliser la consommation de cette drogue douce. La mesure devra cependant s’accompagner d’un cadre réglementaire précis et de « campagnes de prévention à destination des jeunes », a détaillé Laurette Onkelinx.

Plusieurs textes similaires ont déjà été déposés par le PS ces dernières années. La toute première fois, c’était en 2000, à l’initiative des anciens députés fédéraux Thierry Giet et Patrick Moriau. C’est à cette occasion-là que le parti s’était officiellement prononcé en faveur de la dépénalisation du cannabis. La proposition actuelle, promet le PS, est toutefois la plus complète et la plus aboutie.

Source : Le PS veut dépénaliser la consommation du cannabis (La Libre)

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1 Comment

  1. Scandale : Le chanvre naturel de nos ancêtres est classifié comme du cannabis aujourd’hui, car il possédait au minimum 3% de THC (Cannabis sativa septentrionnal). Pour Rabelais, le chanvre (le Pantagruèlion), était la reine des plantes, génératrice de progrès…
    L’éloge du Pantagruélion », écrit par Rabelais en 1546 :
    « Sans cette herbe, les cuisines seraient ignobles, les tables détestables, même si elles étaient couvertes de toutes sortes de mets exquis ; les lits seraient sans délices (draps), même si on y trouvait en abondance or, argent, ambre, ivoire et porphyre (marbre). Sans elle, les meuniers ne porteraient pas de blé au moulin, et n’en rapporteraient pas de farine (sacs).
    Sans elle, comment seraient portés les plaidoyers des avocats à l’audience ? (papier). Comment serait, sans elle, porté le plâtre à l’atelier ? Sans elle, comment serait tirée l’eau du puits (corde) ?
    Sans elle, que feraient les tabellions (notaires), les copistes, les secrétaires et les scribes ? Est-ce que ne périraient pas les chartes et les titres de rente ? Le noble art d’imprimerie ne périrait-il pas ?[…]
    Par elle les bottes, bottines, bottillons, houseaux (vêtement enveloppant la jambe), brodequins, souliers, escarpins, pantoufles, savates sont mis en forme et en usage (textile). C’est elle qui tend les arcs bande les arbalètes, fait les frondes (corde). Et, comme si c’était une herbe sacrée, magique comme la verveine, et tenant en respect les Mânes et les Lémures (ombres des morts chez les Latins), on ne se passe pas d’elle pour inhumer les corps humains (huile).
    Je dirai plus : au moyen de cette herbe, les substances invisibles sont, de façon visible, saisies, prises, retenues et comme mises en prison : grâce à cette prise et à cette saisie, les grosses et pesantes meules sont tournées agilement pour le profit insigne de la vie humaine (graines).
    Et je m’ébahis de ce que l’invention d’une telle pratique ait été pendant tant de siècles cachée aux antiques philosophes, étant donné l’utilité inappréciable qui en provient, étant donné la fatigue intolérable que les hommes supporteraient sans elle dans leurs moulins.
    Au moyen de cette herbe, puisqu’elle permet de capter les flots de l’air (voiles), les gros navires de charge, les grands paquebots, les forts galions, les nefs à mille et dix mille places, sont arrachés à leur mouillage et poussés au gré de ceux qui les gouvernent.
    Par le moyen de cette herbe, les nations que Nature semblait tenir cachées, impénétrables et inconnues, sont venues à nous et nous à elles : prouesse dont sont incapables les oiseaux, quelque légèreté de pennage (plumage) qu’ils possèdent et quelque liberté de nager dans l’air qui leur soit baillée par Nature. [… ] Si bien que les Intelligences célestes, les Dieux, aussi bien marins que terrestres, en ont été tout effrayés, quand ils virent, par l’usage de ce béni Pantagruélion (cordes et voiles), les peuples arctiques parvenus en vue des Antarctiques, franchir la mer Atlantique, passer les deux Tropiques, tourner sous la zone torride, mesurer tout le zodiaque, s’ébattre sous l’équinoxial, avoir l’un et l’autre pôle en vue à fleur de leur horizon. En un semblable bouleversement, les dieux olympiques ont dit :
    (François Rabelais, Tiers Livre, chapitre 51)

    Extrait de « Gargantua et Pantagruel » écrit en 1534:
    « Cessez de tant louer myrrhe, encens, ébène:
    Emportez plutôt de notre herbe la graine.
    Rendez grâce aux Cieux un million de fois
    Et proclamez heureux le royaume de France
    D’où provient le Pantagruelion !  »

    En tant que médecin, Rabelais recommandait cette plante pour divers maux : plaies, brûlures, crampes, rhumatismes, douleur, spasmes :
    « Si promptement voulez guerir une bruslure, soit d’eaue, soit de feu, applicquez y du Pantagruelion crud, c’est à dire tel qui naist de terre, sans aultre appareil ne composition. »
    « L’éloge du Pantagruélion » (51,07,05), écrit par Rabelais en 1546.

    Le père de Rabelais était exploitant de chanvre naturel (comme Jacques Cartier) et possédait des « chénevreaux » sur la commune de Cinais, située en Indre et Loire…

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