Drugs in Brussels 2017 : État des lieux et perspectives

La FEDITO BXL asbl a eu le plaisir d’organiser mercredi 22 février une journée d’étude intitulée « Drugs in Brussels 2017 ».

L’objectif de la journée était de dresser un état des lieux du « phénomène drogues » à Bruxelles, sous un versant politique, épidémiologique, actions et projets en cours.

Retrouvez les documents, enregistrements et présentations de la journée

2017 : dernière année politique drogues de la décennie

2017 sera la dernière année « utile » pour mener d’ambitieuses politiques drogues sous cette législature. Parce que 2019 sera marqué par les élections européennes, fédérales et régionales. Et 2018, par les élections communales. De longues campagnes politiques s’apprêtent à être menées, moments peu propices pour la mise en place de politiques novatrices.

Détrompons-nous, ce ne sera pas pour autant l’accalmie sur les fronts du social et de la santé. Les 9 milliards d’économies réalisés sur le budget de la sécu par le gouvernement fédéral pour 2017, ne sont rien à côté de ce qui nous attend pour 2018 et 2019. Et la mise en pause de l’innovation des politiques, n’implique pas forcément la mise en pause d’économies linéaires…

2017 sera donc, d’autant plus, l’année par excellence où il nous faudra influer, non seulement sur la mise en place de nouveaux dispositifs, mais aussi sur le renforcement de ceux existants, voire sur le soutien politique aux dynamiques intersectorielles.

Du côté de ces dynamiques intersectorielles, 2017 sera l’année de la publication du Plan Santé bruxellois, coordonné par les cabinets ministériels de la santé, et qui définira fortement la santé à Bruxelles pour les années à venir. Ce sera aussi l’année de la concrétisation des projets « Chronic Care », visant à mettre le patient chronique au centre des prestations et des réseaux. Ce sera enfin l’année de la fusion effective des deux projets 107 en santé mentale, et de la définition plus aboutie des projets multi-agréments.

Du côté du renforcement des dispositifs existants, 2017 sera l’année de la mise en place de l’Organisme d’Intérêt Public « Iris Care », qui organisera de manière paritaire une grande part des soins et de leurs financements à Bruxelles. Ce sera aussi l’année de renégociation des anciennes conventions INAMI, venant à échéance au 31 décembre : dans notre secteur, ce sont pas moins de cinq structures d’une certaine ampleur qui sont concernées.

Quant aux nouveaux dispositifs, 2017 sera l’année où les politiques régionaux pourront encore débloquer le dossier des salles de consommation à moindre risque. Car récemment, et malgré les volontés des gouvernements bruxellois et wallon, la conférence interministérielle a décidé qu’il n’y aura pas de SCMR d’ici à la fin de la législature ; tout au plus une étude de faisabilité, qui débutera dans les prochains mois, se terminera vers 2018, et repoussera le dossier à l’après-élections… du moins au niveau fédéral. Car concrètement, les entités régionales pourraient trouver la solution dans une expérimentation scientifique permettant l’exception à la loi de 1921 (c’est ce que propose Willy de Meyer, PS), dans une prise en charge pleine et entière des compétences de prévention, récemment transférées (c’est ce que propose Alain Marron, Ecolo), ou dans la rédaction d’un décret ou une ordonnance pris à défaut de législation fédérale (c’est ce que les autorités flamandes ont fait pour leur assurance soins). Ils pourraient aussi soutenir l’expérimentation d’un projet d’accompagnement et d’éducation aux risques liés à l’injection (AERLI), tel que développé et validé par nos collègues parisiens. Bref, les alternatives ne manquent pas…

2017 sera enfin, aussi, l’année du Plan Alcool, dont on n’attend toutefois pas monts et merveilles. Il est effectivement difficile pour la conférence interministérielle santé publique de s’entendre sur un plan ambitieux, dès lors que certains partis ont des accointances affirmées avec les lobbies alcooliers. L’alcool est pourtant, avec le tabac, la drogue la plus dangereuse, la plus mortelle et la plus coûteuse pour notre société. Son abus et son usage à risque sont accentués par une politique rendant sa consommation aisée, normale, à grands coups de pubs et de campagnes marketing. Nous ne manquerons pas, avec d’autres, de souligner le scandale sanitaire que serait un Plan Alcool inexistant, ou pire, au rabais.

L’année qui vient sera donc encore politique.

Et la journée « Drugs In Brussels », qui se tiendra le 22 février 2017, aura l’ambition de le rappeler.

Sébastien ALEXANDRE,
Directeur
FEDITO BXL asbl

Retrouvez le programme de la journée ainsi que toutes les informations pratiques dans notre agenda ou en suivant ce lien.
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