Propositions pour une politique globale et intégrée en matière d’alcool

Propositions pour une politique globale et intégrée en matière d'alcoolEn Belgique près de 10% des plus de 15 ans ont une consommation d’alcool qualifiée à risque. Une telle consommation n’entraîne pas nécessairement une dépendance, mais un accroissement des risques de problèmes de santé, d’accidents, de conflits relationnels ou de soucis professionnels.

La FEDITO BXL asbl présente un ensemble de propositions pour favoriser une politique globale et intégrée en matière d’alcool.

Ces propositions couvrent différents aspects de la politique en matière d’alcool : prévention, assistance et soins, collecte et analyse des données, réglementation de la publicité, réglementation sur l’âge minimum pour la vente de boissons alcoolisées, sur l’offre, ainsi que sur la collaboration entre les travailleurs de santé, les autorités publiques et les producteurs et distributeurs de boissons alcoolisées.

Contexte

Il y a quelques mois, le Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) a publié une étude intitulée  «Comment favoriser le recours à l’aide en cas de consommation problématique d’alcool?».

Cette étude rappelle tout d’abord qu’en Belgique, et d’après la définition de l’OMS, près de 10% des plus de 15 ans ont une consommation d’alcool qualifiée à risque. Une telle consommation n’entraîne pas nécessairement une dépendance, mais un accroissement des risques de problèmes de santé, d’accidents, de conflits relationnels ou de soucis professionnels.

Parmi ces personnes, seule 1 sur 12 cherche ou reçoit de l’aide, après une période de latence d’en moyenne 18 ans. Beaucoup tentent d’abord, parfois avec succès, de résoudre leur problème seuls. Beaucoup d’autres ne cherchent pas de l’aide, ou ne trouvent le chemin vers de l’aide appropriée que fort tard, voire jamais. Et ce, alors que certaines interventions ont déjà largement prouvé leur utilité, comme l’entretien motivationnel, l’accompagnement psychologique, les groupes d’entraide et certains traitements médicamenteux, le but n’étant pas nécessairement l’abstinence mais la
diminution de la consommation. Comme pour d’autres addictions et, en ce qui concerne l’alcool, en rupture avec l’attitude qui prévalait anciennement, l’abstinence ne s’avère pas toujours la meilleure voie possible pour obtenir des effets positifs sur la santé. Comment l’expliquer ? Et comment favoriser le recours à l’aide ?

Le KCE donne plusieurs pistes, telles qu’un meilleur accès à l’information, une meilleure coordination des soins, une meilleure formation des prestataires de soins, et un plan alcool. En effet, au niveau sociétal, toutes les parties concernées – décideurs politiques, organisations et prestataires de soins, associations de patients – devraient élaborer ensemble un « Plan alcool », comportant notamment des campagnes d’information ainsi qu’une réglementation plus stricte de la publicité et de la vente d’alcool, et ce pour lutter contre la banalisation de la consommation et le stigmatisme de la personne ayant une consommation problématique.

La Conférence Interministérielle Santé Publique a défini l’alcool comme une de ses priorités thématiques : « Suite à la demande de la CIM Santé Publique du 29 juin 2015 concernant le plan alcool, la Cellule Générale de Politique Drogue (CGPD) élabore une proposition de politique globale et intégrée en matière d’alcool et la soumet à la Réunion Thématique Drogues de la CIM Santé Publique ». Cela répond pleinement aux recommandations de l’OMS, qui prône notamment l’élaboration de Plans Alcool nationaux, afin de limiter les problématiques liées à la consommation d’alcool.

Un groupe de travail interministériel spécifique a été mis en place au sein de la Cellule Générale de Politique Drogue, et entendra prochainement certains « stakeholders », notamment autour des questions suivantes :

Quelle est votre évaluation et éventuellement vos (maximum trois) propositions prioritaires en matière de

  • Politique de prévention (en ce compris la détection et l’intervention précoces et la réduction des risques) en matière de l’alcool ?
  • Politique d’assistance/soins en matière d’alcool ?
  • Collection et analyse des données des problèmes liés à l’alcool ?
  • Réglementation de la publicité alcool en ce compris la publicité à la TV et à la radio
  • Réglementation sur l’âge minimum pour la vente de boissons alcoolisées ?
  • Offre de boissons contenant de l’alcool dans notre société (points et lieux de vente, heures d’ouverture, etc)
  • Collaboration entre les travailleurs de santé, les autorités publiques et les producteurs et distributeurs de boissons alcoolisées ?

Tel qu’écrit en son action 98 du Plan Drogues, le secteur spécialisé bruxellois, représenté par la FEDITO BXL asbl, accueille chaleureusement l’initiative de la rédaction d’un nouveau plan alcool, et espère qu’elle pourra aboutir à des résultats concrets et applicables.

La consultation du secteur spécialisé étant pleinement opportune, la FEDITO BXL asbl y prendra part, notamment par la présente clarification de son positionnement.

Dans ce contexte, la FEDITO BXL asbl présente un ensemble de propositions pour favoriser une politique globale et intégrée en matière d’alcool.

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