Repartir comme en 14 ? Avec l’enthousiasme et l’ardeur, mais sans la naïveté.

Édito Janvier 2014 | On commencera par radoter, mais il y aura forcément la « mère de toutes les élections », régionales, fédérales, et européennes. Il y aura surtout le transfert, des compétences au 1er juillet 2014, des financements au 1er janvier 2015. Si la continuité des activités est annoncée comme la règle, on restera attentif à ce que le secteur ne soit pas affaibli au sortir de la régionalisation.

Des contacts se prennent, des réunions s’organisent, et les semaines à venir seront dédiées à la rédaction d’un memorandum et à sa présentation aux partis démocratiques bruxellois.

Car 2014 sera politique, forcément.

Dans ce contexte et comme de coutume, on ne sera pas étonné que les drogues reprennent le devant de la scène, l’espace d’un instant médiatique ou/et polémique. Sous les spot lights furtifs à venir, sont attendus les salles de consommation à moindres risques, le traitement à la diacétylmorphine, la réglementation du cannabis, et on en passe…

Pour le secteur toxicomanie, le challenge sera le même qu’hier et que demain : profiter de l’actualité pour défendre des positions fortes et inscrites dans la durée ; expliquer que les solutions faciles ne sont pas forcément les plus pertinentes ; aux visions moralisatrices, préférer l’argumentation sociale, clinique, scientifique et de santé publique.

Ressortir donc nos arguments, puisque 2014 sera médiatique, clairement.

A l’heure où l’accès au matériel stérile d’injection est moindre que par le passé ; à l’heure où les institutions croulent sous les demandes et que certaines vivotent dans la précarité ; à l’heure où la dureté de notre société lie toujours davantage usage de drogues et exclusion sociale ; il faudra dire qu’il faut en faire plus pour ce qui existe.

A l’heure où un plan de réduction des risques bruxellois s’apprête à être publié et où un plan alcool vient d’être rejeté ; à l’heure où des lieux de consommation à moindres risques s’avèrent nécessaires ; à l’heure où les preuves de la pertinence de la diacétylmorphine appellent à son utilisation ; à l’heure où apparaissent de nouvelles drogues, de nouveaux usages, de nouveaux profils et de nouvelles dépendances ; il faudra dire qu’il faut en faire plus que ce qui existe.

2014 s’annonce donc revendicatif.

Mais 2014 s’annonce aussi inventif et créatif.

La régionalisation des compétences nous donne l’opportunité de mettre en place une politique bruxelloise et ambitieuse en matière d’usage de drogues et de dépendances. Nous avons tous les outils, toutes les expertises et toutes les motivations pour répondre au défi. Le réseau bruxellois constitue déjà une offre d’aide et de soins qualitative, diversifiée et équilibrée. Si, ici et là, des éléments sont à repenser ou à renforcer, l’enjeu principal consiste avant tout à redonner cohérence et ambition à l’ensemble.

C’est là que se situera l’enjeu principal de la FEDITO BXL, pour 2014 et au-delà.

Il faudra susciter la concertation constante entre les acteurs, ce à quoi aidera la mise en place de concertations autonomes et dynamiques, mais ouvertes et en dialogue. Il faudra se baser sur les expertises et bonnes pratiques étrangères, ce à quoi aidera l’organisation du congrès international TDO 4. Il faudra être davantage bruxellois et européen, ce à quoi aidera notre probable passage à la COCOM.
Bref, il faudra faire de la régionalisation des compétences, non pas une difficulté, mais une opportunité.

C’est reparti comme en 14, la fleur au fusil et le cœur léger ? Pas vraiment, non.

C’est reparti, sans naïveté, mais avec ardeur et enthousiasme.

Sébastien ALEXANDRE,
FEDITO BXL asbl

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