Cannabis : l’élément questionnant

Édito octobre 2013 | Ce mardi 15 octobre 2013, le Réseau Cannabis organise sa journée d’études « Cannabis, quand Bruxelles fait réseau : quelles demandes pour quelles prises en charge ? ».

L’occasion de refaire le point sur le sujet : le cannabis, c’est la substance par excellence questionnant nos Lois, mais aussi nos pratiques.

On le sait : le cannabis est le premier produit illicite par sa consommation. D’après l’enquête HIS (enquête menée par Institut Scientifique de Santé Publique en 2008 sur L’usage de drogues illicites), dans la population belge, c’est près de 30% des 25-34 ans qui en ont consommé au moins une fois dans leur vie, et 7% des mêmes au cours des 30 derniers jours. On pourrait se dire que l’interdit attire ; on pourrait aussi penser que la recherche de plaisir explique une consommation largement récréative, festive, relaxante. Il faudrait toutefois aussi prendre en compte les usages thérapeutiques du cannabis, contre le mal du siècle du stress et certaines douleurs ou maladies psychologiques et somatiques.

Ces prévalences importantes questionnent nos Lois, et le débat sur le statut légal du cannabis devra toujours être porté haut par la FEDITO BXL, ses membres et ses partenaires. Dans la suite des réflexions passées du secteur, mais de façon d’autant plus appuyée à l’heure où les cannabinoïdes synthétiques brouillent davantage les cartes et où les expérimentations de réglementation se multiplient, notamment en Amérique.

Le caractère questionnant du cannabis ne s’arrête toutefois pas à nos Lois : il s’étend à nos pratiques. Si la majorité des usages sont récréatifs, il y aura toujours et  forcément des usages problématiques de cannabis. Le cannabis questionne alors l’offre de notre secteur, largement tournée vers des usagers en prise avec des problématiques plus complexes, que ce soit en termes de prises de risques, de dépendances, voire de désinsertions. Le « simple » consommateur problématique de cannabis a-t-il sa place au sein de notre réseau ? Faut-il élargir une offre spécifique pour ces usagers ?

A défaut, s’agit-il de renforcer le soutien et l’expertise aux acteurs de santé généraliste ?
La question est ouverte et le Réseau Cannabis a tenté d’y répondre, notamment en favorisant les prises en charge par des acteurs généralistes avec le soutien d’acteurs spécialisés. L’idée était excellente et elle reste  d’actualité. L’expérience du réseau, elle, appelle à une mutualisation des énergies entre différents acteurs, spécialisés et généralistes.

Secteurs spécialisé et généraliste ne peuvent en effet s’épargner cette rencontre, rencontre qui sera favorisée par la FEDITO BXL, riche de ses liens avec les secteurs connexes mais aussi de son expertise et de sa connaissance de la complexité des usages de drogues.

Le cannabis nous questionne et la journée d’étude du Réseau Cannabis en est le rappel. Occasion à saisir, pour de nouvelles réponses.

Sébastien ALEXANDRE

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