Le Centre Transit menacé de fermeture

La Coordination Bas Seuil et la FEDITO BXL dénoncent la situation à laquelle les autorités acculent le centre d’accueil et d’hébergement de crise pour usagers de drogues TRANSIT. A situation inchangée le centre Transit devrait cesser ses activités en octobre 2013, faute de ne plus pouvoir assurer financièrement son fonctionnement.

En cause : un déficit de trésorerie imputable au financement « à enveloppe fermée » des Plans Stratégiques de Prévention et de Sécurité (PSSP) par le SPF Intérieur. Cet enjeu de trésorerie immédiat, vital, prend cours à un moment très critique vu le délestage probable des « volets toxicomanies » des PSSP par le Ministère de l’Intérieur, le tout dans un contexte de régionalisation des conventions de revalidation INAMI toxicomanies décidé lors de la 6eme réforme de l’Etat ! Ces grands transferts provoquent, en particulier à Bruxelles, une indécision généralisée et un renvoi de responsabilité entre les différentes (et trop nombreuses!) autorités concernées. Cette indécision pourrait être fatale à l’asbl Transit.

A ce jour, l’asbl n’a reçu aucun information claire par rapport au maintien d’un financement des PSSP toxicomanies après 2013, ni de garantie par rapport à son déficit de trésorerie provoqué par un système de financement à enveloppe fermée depuis l’ouverture du service en 1993.

Cette perspective met grandement en péril la cohérence des dispositifs d’accueil, de soin et de réduction des risques pour l’ensemble de la Région. Pour rappel Transit accueille plus de 600 usagers différents et offre plus de 8000 nuitées annuelles, sans oublier les services rendus par le centre de jour, le comptoir d’échange de seringues et, les appartements de transition, le travail d’accompagnement extérieur des patients (prison, police, CPAS, services communaux,…) et la Coordination Locale Drogues Bruxelles.

Pour le secteur spécialisé bruxellois, le secteur de l’hébergement, les forces de l’ordre,… La fermeture de Transit signifierait la perte d’un partenaire central, et la fin abrupte d’une offre de service qui prend en charge 24h/24h, 7 jours/7 de nombreux usagers en situation de précarité et de grande exclusion. Cela aura un impact de santé publique majeur, des conséquences négatives pour de nombreux professionnels et/ou citoyens bruxellois, et présentera un recul sans précédent pour les stratégies d’inclusion sociale des usagers de drogues que nous soutenons depuis de nombreuses années.

Il est impensable de pouvoir continuer à fonctionner efficacement au niveau du secteur sans la seule offre d’hébergement spécialisée à bas seuil d’accès en Région Bruxelloise. Sans ce dispositif c’est la cohérence même de l’offre à bas seuil d’accès qui est sérieusement compromise à Bruxelles.
L’ampleur de la crise sociale et économique actuelle, le renouveau des publics, la complexification des situations sociales et cliniques et la saturation importante de nos services nécessitent de pouvoir conserver l’ensemble de nos dispositifs en état de fonctionner d’une manière optimale. Ce socle nous permet de garantir un meilleur accès au soin, d’avoir un impact plus important sur les questions de santé publique, et d’offrir une aide de qualité au service des usagers.

C’est pourquoi nous demandons à l’ensemble des autorités concernées et aux responsables de l’asbl Transit de dégager rapidement les moyens  financiers qui permettront de maintenir ce service à la collectivité.

Le temps nous est malheureusement compté : le centre n’aura plus de liquidités au-delà d’octobre 2013. Les travailleurs devraient dès lors recevoir sous peu un préavis à titre conservatoire.

E. Husson, concertation bas seuil
L. Henrard, FEDITO Bxl

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