BENZONET – Réduire l’utilisation chronique de somnifères et de sédatifs : de la nécessité d’une approche globale

Sorry, this entry is only available in French.

Une recherche menée à l’UGent parmi les utilisateurs chroniques de somnifères et de sédatifs montre que les campagnes et mesures de prévention existantes ne touchent pas suffisamment ce groupe cible. Malgré la normalisation et la forte consommation de benzodiazépines et de substances apparentées au sein de la population belge, la honte rend difficile la recherche d’une aide appropriée pour en arrêter la consommation. Les campagnes existantes semblent contribuer à ce problème.

Consommation à long terme de somnifères et de sédatifs: la Belgique reste en tête

Selon la dernière Enquête nationale de santé (2018), 12% de la population adulte belge utilisent un somnifère ou un sédatif du groupe des benzodiazépines et des “Z drogues”. Il s’agit notamment de produits bien connus tels que le Zolpidem, le Xanax, le Lexotan et le Valium, parfois appelés communément “somnifères”. L’utilisation de ces médicaments pendant plus de deux semaines n’est pas recommandée en raison de divers effets négatifs, tels que la dépendance physique et psychologique. En outre, il est souvent difficile de distinguer les effets d’une utilisation à long terme des symptômes pour lesquels le médicament est habituellement prescrit. Néanmoins, on estime qu’un Belge sur trois prend encore ce médicament après huit ans. Chez les personnes de plus de 65 ans, la consommation chronique de benzodiazépines est même trois fois supérieure à la moyenne de l’OCDE. En ce domaine, notre pays figure dans le peloton de tête en Europe et même dans le monde. En général, l’utilisation de ces médicaments augmente avec l’âge. Cependant, la pandémie de COVID-19 semble également entraîner une augmentation dans les groupes d’âge plus jeunes. Il ressort de la dernière enquête COVID de Sciensano que la majorité de la population belge (73%) souffre de troubles du sommeil et que plus de 21% des personnes interrogées consomment également des médicaments pour y remédier. Près de la moitié (42%) d’entre eux reconnaît avoir commencé à prendre de tels médicaments depuis le début de la crise, ou en avoir augmenté la dose. Dans la tranche d’âge des 18-24 ans, plus de 75 % ont commencé à prendre des somnifères ou des sédatifs, ou ont en augmenté la consommation,depuis le début de la pandémie.

Pour la première fois, BENZONET se penche sur l’expérience des utilisateurs à long terme

Jusqu’à présent, la recherche en Flandre s’est principalement concentrée sur les expériences des prestataires de soins et sur les perspectives des patients au moment de la première prescription. Diverses campagnes de prévention s’adressent également aux utilisateurs potentiels et aux primo-accédants, mais pas aux utilisateurs chroniques. Le projet BENZONET de l’Université de Gand (groupe de recherche Hedera et Institut de pharmacologie Heymans), financé par BELSPO, tente de combler ce manque de connaissances. Pour mieux comprendre le vécu de l’utilisation des médicaments somnifères et sédatifs à long terme, trente personnes ont été interrogées entre juillet 2019 et février 2021. Toutes consommaient ces médicaments depuis longtemps ou avaient arrêté après une utilisation prolongée. En outre, le rôle des forums en ligne dans l’arrêt de ces médicaments a également été exploré. Les résultats ont ensuite été examinés par un large groupe d’experts et de praticiens pour aboutir à des recommandations politiques.

Un signe d’inquiétude

Avec une durée moyenne de onze ans, les personnes interrogées ont utilisé ces traitements beaucoup plus longtemps que ce qui est recommandé. La majorité a reçu une première ordonnance pour des problèmes de sommeil, une minorité seulement pour un problème d’anxiété ou une combinaison des deux. La prescription de médicaments, ainsi que leur échange entre utilisateurs, est considérée par beaucoup comme un “signe d’inquiétude”.

La plupart des personnes interrogées ont déclaré que leur usage à long terme était progressivement devenu une habitude, presque inaperçue. Il est intéressant de noter qu’aucune des personnes interrogées ne se souvient que son médecin généraliste ou un autre prescripteur ait proposé des alternatives pour traiter les causes sous-jacentes. À l’exception d’un avertissement sporadique sur la dépendance, la majorité des personnes interrogées a reçu peu d’informations sur les effets à long terme, la date d’arrêt recommandée ou l’arrêt pur et simple du traitement.Les utilisateurs sont généralement conscients des risques d’une utilisation à long terme. Cependant, pour de nombreux utilisateurs satisfaits, les avantages de ces médicaments l’emportent sur les inconvénients. (…)

Lire la suite du communiqué de presse (21/06/2021)

Téléchargements :

En savoir plus (site web du Belspo)

Twitter Facebook LinkedIn Pinterest Email