L’enregistrement TDI en Belgique – Rapport annuel, année d’enregistrement 2019

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Sciensano a récemment publié son rapport annuel sur les demandes de traitements en Belgique lié à la consommation de substances licites et illicites en Belgique (données de 2019).

Ces données collectées depuis 9 ans offrent une source d’information extrêmement riche afin de suivre l’évolution de l’usage problématique des drogues dans notre pays via les personnes entrant en traitement.

En 2020 la crise du coronavirus a impacté la société en général et les personnes les plus précaires, comme certains usagers de drogue, en particulier. L’impact de la crise sur la demande de traitement ne pourra être évalué que dans le prochain rapport lorsque les données 2020 seront disponibles. La crise a eu également un impact sur l’organisation du système de soins de santé et nous pouvions craindre une influence sur la collecte des données TDI de 2019. Cependant, celle-ci a été relativement limitée puisqu’au début de la crise, en mars, la plupart des données avaient déjà été envoyées par les centres participants. Seul un petit nombre n’ont pas été en mesure de nous fournir leurs données annuelles.

Ce rapport divisé en chapitres selon les substances principales à l’origine du traitement reprend des tableaux dont la structure est relativement similaire à celle de l’année dernière et permet dès lors plus facilement de mettre en parallèle les différents rapports. En outre la sélection d’un groupe stable de centres participant depuis 2015 à l’enregistrement d’une manière identique nous permet d’étudier les tendances observées au cours des 5 dernières années.

Nous souhaitons avec ce rapport offrir une information détaillée et fiable afin de permettre aussi bien aux professionnels de terrain qu’aux scientifiques et aux décideurs politiques de répondre à des questions importantes. De plus, l’intérêt de cet indicateur d’offrir une vue globale et standardisée de la situation sur les drogues en Europe est souligné grâce à la possibilité de comparaison entre pays. Sciensano participe activement à des collaborations avec d’autres pays européens et l’EMCDDA pour utiliser de manière optimale les données TDI collectées en Belgique dans des analyses comparatives au niveau international.

Éléments-clé

▶ L’indicateur de la demande de traitement (TDI) enregistre en Belgique depuis 2011 les épisodes de traitement des personnes présentant un problème lié à une consommation de substances (alcool, substance illicite ou médicament).

▶ En 2019, près de 29.600 épisodes de traitement ont été enregistrés dans la base de données TDI par plus de 200 unités de traitement à travers tout le pays. Un tiers des épisodes sont transmis par une unité ambulatoire et deux tiers par une unité résidentielle (hospitalière ou non). La proportion des données rapportées par une unité ambulatoire a tendance à augmenter depuis 2015 et la proportion rapportée par une structure hospitalière a tendance à baisser. 61% des épisodes sont enregistrés dans une unité de traitement située en Flandre, 27% en Wallonie et 12% à Bruxelles.

▶ Près de 3 patients enregistrés sur 10 en 2019 ont débuté un traitement pour un problème lié à l’usage de substances pour la première fois de leur vie.

▶ Les épisodes de traitement mentionnant l’alcool comme substance principale représentent plus de 50% des épisodes enregistrés en 2019. Ensuite le cannabis avec 14% des épisodes de traitement est la deuxième substance principale la plus fréquemment à l’origine du traitement. La cocaïne suit comme troisième produit dans cette liste avec 13% des épisodes. Cette dernière est de plus en plus souvent citée, que ce soit comme substance principale ou substance secondaire depuis 2015. Cette tendance est également observée dans de nombreux pays d’Europe occidentale. Par contre, les demandes de traitement pour l’héroïne sont en baisse depuis 2015 et ne concernent plus que 7% du nombre total des épisodes de traitement. La kétamine, la méphédrone et la methamphétamine même si elles sont relativement limitées en termes de nombres absolus d’épisodes de traitements, leur nombre est en augmentation significative dans le TDI.

▶ Le vieillissement de la population en traitement concerne les patients en traitement pour le cannabis (+2 ans depuis 2015), les opiacés (+2,5 ans depuis 2015), la cocaïne (+2 ans depuis 2015) et les stimulants autres que la cocaïne (+3 ans depuis 2015).

▶ Les femmes ne représentent globalement qu’un peu moins d’un patient sur trois et cette proportion est relativement stable au cours du temps.

▶ La pratique de l’injection chez les patients débutant un traitement ne baisse pas depuis 2015 et aurait même tendance à augmenter pour les personnes traitées pour les stimulants autres que la cocaïne.

Télécharger le rapport

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