Plaidoyer pour la naloxone (Le Journal du Pharmacien)

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En février, la Fédération bruxelloise des institutions pour toxicomanes (Fedito BXL asbl) a organisé sa journée d’étude annuelle sur le thème « Réduire les décès et limiter les infections ». L’une des questions au cœur des débats concernait la mise à disposition plus large de la naloxone, l’antidote des overdoses aux opiacés.

Lors de la journée d’étude « Drugs in Brussels 2019 »*, les intervenants ont regretté l’accès actuellement limité à la naloxone en Belgique : seule une forme injectable (Naloxon B.Braun, 0,4mg/ml, 47€/10 doses) est disponible sur notre marché, sur prescription médicale et non remboursée. « Son usage est donc complexe, malgré son intérêt en termes de santé publique », explique Sébastien Alexandre, directeur de la FEDITO BXL. En outre, « étant donné le cadre légal belge, une personne injectant de la naloxone à une autre pourrait être poursuivie pour exercice ‘illégal’ de la médecine… Il est donc nécessaire de faciliter cet usage. Il est très difficile mais possible de se procurer une version nasale de ce produit via des services de réduction des risques français pour 50€… Là encore il faut passer par une prescription médicale, ce qui en limite l’accès ».

« Pourquoi faciliter l’accès à la naloxone ?, interroge Anne-Christine Moreau, une pharmacienne travaillant dans un CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) et dans un CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement pour la réduction des risques pour usagers de drogues) à Orléans (France). Parce que ça sauve des vies ! Plusieurs études démontrent que pour cinq personnes formées à son utilisation, on compte un décès en moins par overdose (OD). C’est sur ce postulat de base que se sont appuyées les institutions françaises pour déployer largement la naloxone dans le pays ».

(…)

Dans cette dynamique d’élargissement de la mise à disposition de la naloxone, il reste quelques pas à faire, ajoute la pharmacienne en visant notamment le milieu festif, la médecine et les pharmacies de ville. Pour le directeur de Fedito, il ne serait pas superflu de se préparer à une crise des overdoses. Un appel est donc fait aux politiques pour élargir cet accès à la naloxone et aux professionnels pour qu’ils sachent comment l’utiliser, comment s’approvisionner, éventuellement à l’étranger pour la forme nasale. « Les hépatites et les overdoses ne sont plus l’apanage des structures de réduction des risques, cela nous concerne tous aujourd’hui », conclut Sébastien Alexandre.

Source / lire l’article: Plaidoyer pour la naloxone (Le Journal du Pharmacien, 11/03/2019)

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